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Association québécoise des critiques de cinéma

Guilhem Caillard

Crédit photo : Stéphane Kossmann

 

Guilhem Caillard détient un baccalauréat en arts du spectacle, ainsi que deux maîtrises en études cinématographiques et en développement culturel. Il est passionné par l'étude des genres et l'économie du cinéma. Il publie régulièrement des critiques de film, chroniques et entrevues pour Séquences (Québec) et Cineuropa (Belgique). Il fut également collaborateur à 24 Images, Panorama-cinéma et Hors-Champ. Il a par ailleurs œuvré au sein de l’équipe de programmation de la Cinémathèque québécoise, où il a créé en 2010 un important cycle de films sur le « western crépusculaire ».

Spécialisé en organisation d'événements, Guilhem dirige le Festival de films francophones CINEMANIA de Montréal depuis 2014. À ce titre, ses connaissances en histoire du cinéma et son intérêt envers la production contemporaine l'accompagnent quotidiennement dans les choix artistiques du festival. M. Caillard est régulièrement invité à participer à des jurys professionnels au sein de festivals internationaux, comme ceux d'Istanbul (Turquie), Cluj (Roumanie), Thessalonique (Grèce), Rotterdam (Pays-Bas) et Moncton (Canada).

Quel est votre premier film marquant?

Terrible question, et difficile de choisir. Cela doit être un mélange de The Neverending Story (1984) de Wolfgang Petersen, que j’ai vu très jeune et qui m’envoutait à chaque fois, puis Stargate (1994) de Roland Emmerich et Alien (1979) de Ridley Scott. J’étais très adepte de fantasy et de science-fiction… C’est d’ailleurs toujours le cas !

Quelle est votre première critique publiée?

Un texte publié en 2010 pour la revue québécoise Panorama-cinéma à propos de l’excellent film d’Abraham Polonsky, Tell Them Willie Boy is Here : un western révisionniste, ou que certains critiques et spécialistes qualifient également « film de la réhabilitation » ou « pro-indien ». Polonsky est un réalisateur et scénariste américain assez méconnu, victime du maccarthysme, qui signe dans ce cas une œuvre selon moi fondamentale pour l’histoire du genre.

Quel est le rôle du critique de cinéma, selon vous?

Je crois d’abord qu’un critique est là pour partager sa passion et motiver l’envie de découvertes chez les spectateurs. Il révèle les films, et peut alimenter le goût pour la prise de risque. Au final, son rôle est aussi de placer les œuvres et les créateurs dans une perspective historique. C’est d’ailleurs la partie que j’affectionne le plus : établir des liens entre les auteurs de différentes époques, les genres et les tendances, puis partager mon amour pour l’histoire du cinéma.

Quel est votre rituel d’écriture?

Avant de me lancer dans l’écriture d’une critique sur un film ou d’un article plus général, je consacre souvent plusieurs heures à me plonger dans la filmographie de son auteur. Cette étape peut s’avérer être très chronophage, mais c’est quasiment la partie que je préfère. Car une fois bien imprégné de l’univers d’un réalisateur et de son parcours créatif, l’enthousiasme est à son comble et les idées me viennent plus naturellement.

Qui est votre critique ou théoricien de cinéma préféré?

J’aime beaucoup les textes signés par Bertrand Tavernier dans les années 60 pour la revue Positif. Son ouvrage Amis Américains, entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood est mon livre de chevet. Mais comme Tavernier n’est pas complètement un théoricien du cinéma, je nommerais aussi le prolifique Jean-Baptiste Thoret, entre autres pour ses études passionnantes sur Michael Cimino, le road-movie et Sergio Leone. Son ouvrage 26 secondes : l'Amérique éclaboussée, l'assassinat de JFK et le cinéma américain (2003) est vraiment fondateur pour moi.

Dans quel film aimeriez-vous vivre?

Amarcord de Federico Fellini (1973)

Quel cinéaste voudriez-vous inviter au cinéma?

Sans hésiter, Fellini à nouveau : ce serait hallucinant! Et j’irais aussi avec Maurice Pialat, bien que l’expérience doit être radicalement différente.


5 films internationaux préférés

Man of the West (L’Homme de l’Ouest) d'Anthony Mann (1958)
Ride the High Country (Coups de feu dans la Sierra) de Sam Peckinpah (1962)
Il Vangelo secondo Matteo (L'Évangile selon Saint-Mathieu) de Pier Paolo Pasolini (1964)
Nosferatu: Phantom der Nacht (Nosferatu, fantôme de la nuit) de Werner Herzog (1979)
Les Roseaux sauvages d’André Téchiné (1994)


5 films québécois préférés

Mon oncle Antoine de Claude Jutra (1971)
L’Âge de la machine de Gilles Carle (1977)
La Bête lumineuse de Pierre Perrault (1982)
Laurence Anyways de Xavier Dolan (2012)
Genèse de Philippe Lesage (2018)