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Association québécoise des critiques de cinéma

Jean-Marc Limoges

 

Jean-Marc Limoges est titulaire d’une maîtrise en Études françaises (Université de Montréal) et d’un doctorat en Littérature et arts de la scène et de l’écran (Université Laval). Il s’intéresse notamment à la réflexivité, à la mise en abyme et à la métalepse ainsi qu’aux questions de narration, de focalisation et d’ocularisation au cinéma. Ses recherches ont été présentées sous forme d’articles dans des revues scientifiques et de communications dans des colloques universitaires. Il anime des cinéclubs et enseigne la littérature et le cinéma au cégep et à l’université.

Quel est votre premier film marquant?

Planet of the Apes (Franklin J. Schaffner, 1968). J’avais dû voir le film à Ciné-Quiz, un midi, alors que je n’étais pas allé à l’école (par la suite, j’ai souvent « callé » malade pour écouter Ciné-Quiz – c’était bien avant les VHS). Je m’étais même déguisé en « planète des singes » à l’Halloween. Et je me souviens aussi avoir construit un vaisseau spatial pour voyager dans le temps. Bien des années plus tard, j’ai remarqué que la date qui apparaît sur le cadran du tableau de bord, dès le début du film, est celle du lendemain de ma naissance.

Quelle est votre première critique publiée?

La Chasse-Galerie : La légende (Jean-Philippe Duval, 2016) ou Comment débiter un conte. Je venais de relire, avec beaucoup de plaisir et d’étonnement, la légende retranscrite par Honoré Beaugrand. J’ai constaté l’écart – voire l’incompréhension – à l’écran. Je me suis senti insulté. J’ai senti qu’on nous insultait. Qu’on avait royalement bâclé l’adaptation. Je me suis empressé d’écrire pour décanter. C’était ma première critique.

Quel est le rôle du critique de cinéma, selon vous?

Rationaliser son impression de lecture en recourant à des outils conceptuels propres au langage cinématographique, rendre compte du déroulement filmique grâce aux ressources stylistiques spécifiquement littéraires, permettre à ceux qui ont vu le film de poursuivre le dialogue et permettre à ceux qui ne l’ont pas vu d’en apprendre tout de même un peu sur le cinéma (plus que sur le film lui-même). Quant au point de vue qu’il adopte, le critique doit être tout sauf mièvre. Il doit être extrême, caresser le film à rebrousse-poil, avancer contre le discours ambiant, ne pas avoir peur de crier « vous vous trompez tous! »

Quel est votre rituel d’écriture?

Ou bien je m’engouffre, immédiatement après avoir vu le film, dans le premier débit de boisson et écris prestement ma critique à chaud dans le brouhaha ambiant et le tintement des verres, ou bien je la porte longuement en moi, la retournant dans tous les sens, me documentant consciencieusement, puis pondant sans urgence mon texte (mais toujours entre minuit et 4 h 00 du matin). Ordinairement, je me concentre sur un seul aspect du film plutôt que de tenter de les couvrir tous. Je préfère adopter un angle aigu (voire aiguisé) plutôt qu’obtus (et peut-être sans relief). Couvrir à tout prix tous les aspects du film dilue le propos. Je peux, comme Flaubert, passer des heures sur un mot, des jours sur une phrase… et j’enquiquine mon rédacteur en chef jusqu’à la dernière seconde (et même bien longtemps après la publication).

Qui est votre critique ou théoricien de cinéma préféré?

Robert Lévesque a été, durant mes années d’études en Littérature à l’UdM, le critique (de théâtre) dont je dévorais religieusement les textes (alors que, bien évidemment, je n’avais pas d’argent pour aller voir les pièces dont il parlait). Sinon, même s’il n’a touché que timidement au cinéma, Roland Barthes reste indéniablement un de mes maîtres à penser.

Dans quel film aimeriez-vous vivre?

Les onzes mille verges (Eric Lipmann, 1975)

Quel cinéaste voudriez-vous inviter au cinéma?

Je n’inviterais pas des cinéastes, au cinéma, mais des écrivains : Rabelais, Montaigne… des humanistes, quoi. Et quelle ripaille nous nous taperions ensuite!

5 films internationaux préférés

Salò ou les 120 journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975)
Le grand Meaulnes (Jean-Gabriel Albicocco, 1967)
Le roman d’un tricheur (Sacha Guitry, 1936)
Vampyr (Carl Theodor Dreyer, 1932)
L’homme à la caméra (Dziga Vertov, 1929)


5 films québécois préférés

Les mâles (Gilles Carle, 1971)
Bulldozer (Pierre Harel, 1974)
Comme les six doigts de la main (André Melançon, 1978)
Le déclin de l’empire américan (Denys Arcand, 1986)
Léolo (Jean-Claude Lauzon, 1992)

 

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