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COMPTE RENDU DU FNC 2020 Par Julie Vaillancourt - Nouvelles de l'AQCC

COMPTE RENDU DU FNC 2020 Par Julie Vaillancourt

 

En cette étrange période sans précédent liée à la pandémie de la COVID-19, de multiples bouleversements ont cours dans la façon de vivre notre quotidien. Le milieu des arts, voire le cinéma et la façon dont on le consomme, n’y échappe guère. À n’en point douter, nombreuses furent les initiatives ayant dû se réinventer et le Festival du Nouveau Cinéma, présenté du 7 au 18 octobre, a su tirer son épingle du jeu. Pour sa 49e édition, le FNC est passé d’une formule hybride à une programmation en ligne, quelques jours après la décision du gouvernement du Québec de fermer les cinémas et salles de spectacle de la métropole du 1er au 28 octobre. Si la contrainte est réelle, il n’en demeure pas moins que la programmation du FNC est, au final, plus accessible que jamais de partout à travers le Canada, puisqu’en ligne jusqu’au 31 octobre 2020.

Si le FNC a su innover en présentant des films au Ciné-Parc FNC x YUL, dame nature a su mettre des bâtons dans les roues à certaines des projections prévues à l’Aéroport international Montréal-Trudeau. Notamment pour la soirée d’ouverture, alors que la projection de Souterrain de Sophie Dupuis est tombée à l’eau. Qu’à cela ne tienne, la température fut plus clémente pour d’autres soirées Ciné-Parcs qui projetaient des classiques du cinéma, dont The Shining et Pink Floyd : The Wall. À noter que des événements spéciaux ont également eu cours, en ligne, mentionnons MOTTO LIVE, une performance inspirée de l’expérience interactive Motto.io, en direct du studio de Vincent Morisset sur YouTube. Également, une dizaine de forums diversifiés étaient présentés, de l’état actuel de la culture et de l’industrie, au rôle du cinéma engagé, en passant par les pitchs des premières œuvres, présentés par Netflix, et la production en temps de pandémie. Enfin, s’ajoutent à ces rencontres professionnelles, la classe de maître de Michelle et Uri Kranot, ainsi que celle de Philippe Falardeau, qui présentait d’ailleurs sont plus récent film My Salinger Year pour clôturer cette 49e édition du Festival du nouveau cinéma.

Au menu, cette année, près de 200 œuvres toutes sections confondues, permettaient au public de découvrir en primeur des titres phares et attendus. Parmi les 10 films en lice pour la Louve d’or, plusieurs titres se sont illustrés dans le circuit des festivals internationaux au cours de la dernière année : Atlantis, Valentyn Vasyanovych (Ukraine); Bad Roads, Natalya Vorozhbit (Ukraine); The Cloud In Her Room, Zheng Lu Xinyuan (Chine, Hong Kong); Desterro, Maria Clara Escobar (Brésil, Portugal, Argentine); Êxtase, Moara Passoni (Brésil, États-Unis); Kill It And Leave This Town, Marius Wilczynski (Pologne); Servants, Ivan Ostrochovsky (Slovaquie, Roumanie, République Tchèque, Irlande); The Shepherdess And The Seven Songs, Pushpendra Singh (Inde); This Is Not A Burial, It’s a Resurrection, Lemohang Jeremiah Mosese (Lesotho, Italie, Afrique du Sud); Topside, Logan George et Celine Held (États-Unis). Au terme de cette compétition qui récompense le Meilleur long métrage de la Compétition internationale, c’est Atlantis de Valentyn Vasyanovych qui reporte la Louve d’or, suite aux délibérations du jury composé de Pascale Bussières, Louise Lecavalier et Félix Dufour-Laperrière.

Si la fermeture des salles de cinéma a inévitablement un impact sur le calendrier de sorties des films québécois, la Compétition nationale ne s’enorgueillit pas moins d’œuvres fortes et audacieuses. À défaut de les découvrir en salles, les festivaliers pouvaient donc visionner, en ligne, Il n’y a pas de faux métier d’Olivier Godin (Québec/Canada) Sin La Habana de Kaveh Nabatian (Québec/Canada, Cuba), Violation de Dusty Mancinelli et Madeleine Sims-Fewer (Ontario/Canada), ainsi que Judy Versus Capitalism de Mike Hoolboom (Ontario/Canada). Si le jury de la Compétition nationale, composé d’Évelyne de la Chenelière, Timothée Donay et Ewa Puszczynska a remis le Prix de la diffusion Québecor à Sin la Habana de Kaveh Nabatian, pour le rayonnement d’une œuvre marquante de la Compétition, c’est Judy vs Capitalism de Mike Hoolboom, qui fut récipiendaire du grand prix du Meilleur long métrage de la Compétition, (présenté par Post-moderne). D’ailleurs, soulignons que le prolifique cinéaste canadien expérimental Mike Hoolboom a également présenté deux courts lors de l’édition de cette année, soit Zen Basketball et Instructions for Robots.

À nouveau cette année, l’Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC) poursuivait sa collaboration de longue date avec le FNC et son jury avait le plaisir de remettre cette fois-ci trois prix pour la compétition de courts métrages Les nouveaux alchimistes. Ce jury était composé de trois journalistes et critiques de cinéma, tous membres de l’AQCC à savoir, Justine Smith (critique pour Hyperallergic, Roger Ebert et Little White Lies et programmatrice pour Fantasia), Claire Valade (critique pour Séquences et Panorama-cinéma) et Julie Vaillancourt (journaliste pour Fugues et critique pour Séquences). Notons d’emblée que le jury de cette année était exclusivement féminin, ce qui est peu commun, sans toutefois être rarissime (si on regarde la composition d’autres jurys du FNC 2020). Suite au visionnement des 38 courts métrages expérimentaux en compétition dans la section Les nouveaux alchimistes, le trio féminin a exposé des coups de cœur pour des œuvres similaires. Puis, à l’issue d’un court débat, le jury a remis le Prix Dada national (présenté par Main Film et l’AQCC) à Barcelona Burning du prolifique Theodore Ushev (Canada/Espagne), « pour la simplicité de son exécution et l’intelligence de son usage d’un bottin téléphonique attaqué et déchiqueté comme métaphore de la ville de Barcelone soumise à la violence du choc des soulèvements populaires ». Quant au prix Dada du Meilleur court métrage international de la section Les nouveaux alchimistes, il fut remis à How To Disappear du collectif Total Refusal (Autriche), et ce, « pour la multiplicité des niveaux de lecture du jeu Battlefield, dénonçant, par sa déconstruction active et par la perversion du “gameplay”, tant la nature guerrière du jeu lui-même que celle des concepteurs et de la société qui permet la conception de tels jeux. » Enfin, le Prix de la Meilleure Animation, remis au Meilleur court métrage d’animation de la compétition Les nouveaux alchimistes, fut remis à Serial Parallels de Max Hattler (Hong Kong/Allemagne), « pour son exploration expérimentale des “city symphonies” — sa corrélation entre villes et cinéma, ses jeux de ligne et de couleurs — commentaire graphique, sonore et ludique sur la densité démographique de Hong Kong. »

Si cette 49e édition du Festival du Nouveau Cinéma a su se renouveler, afin de proposer une édition virtuelle novatrice et diversifiée, sachez que vous pouvez profiter de la programmation en ligne jusqu’au 31 octobre 2020. À défaut de pouvoir vous déplacer en salles, le cinéma se déplace chez vous, afin de ragaillardir votre œil cinéphile. Bon cinéma!

 

Membres du jury : Justine Smith, Julie Vaillancourt, Claire Valade

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