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Fantasia : Présence de l'AQCC au festival - Nouvelles de l'AQCC

Fantasia : Présence de l'AQCC au festival

 

L’AQCC à Fantasia
par Paul Landriau

Se concluait il y a quelques jours la 21e édition du populaire festival Fantasia, marathon cinématographique prenant d’assaut durant plus de trois semaines les salles de l’Université Concordia, en plein cœur de la métropole. Le succès ne se dément pas et l’énergie contagieuse de l’équipe n’a d’égale que l’enthousiasme du public fidèle.

Le festival doit toujours combattre un certain snobisme mal avisé face à sa position assumée de « festival de genre », comme si l’étiquette requise d’un tel événement exige à tout prix une retenue solennelle, voire un académisme forcé. Au diable le glamour! Plus que tout autre événement cinématographique de Montréal, Fantasia restitue à l’idée d’un festival son caractère festif et même démocratique! Ici, le thriller ou l’œuvre de science-fiction n’est pas confinée aux sections parallèles, il est respecté et projeté avec le même soin que le drame prestigieux ou l’essai expérimental. On déroule le tapis rouge autant pour cette production indépendante et astucieuse que pour cette mégaproduction en 3D. On fait des pieds et des mains pour donner aux créateurs et artisans des films présentés le moyen et l’espace pour communiquer directement avec le public, dans les nombreuses séances de questions/réponses, dans les entrevues diffusées sur la page Facebook du festival ou simplement dans les halls des pavillons.

Du côté des films, il faudrait écrire de nombreux paragraphes pour ne serait-ce que survoler convenablement la programmation chargée et éclectique présentée dans les nombreuses sections, toutes distinctes et rattachées le plus souvent à un programmateur en particulier. On peut ainsi naviguer par style ou par personnalité. Le spectateur le plus récompensé sera sans doute celui qui se promènera de salle en salle au gré de son horaire, découvrant à l’aveuglette des séances aux antipodes les unes des autres. Nombreux sont les films qui n’auront que cette unique tribune sur grand écran.

Le jury de l’Association québécoise des critiques de cinéma, présidé par Donato Totaro (Offscreen) et complété par Jean-Marie Lanlo (Cinéfilic) et moi-même (Point de vues), avait pour mission de couronner la meilleure œuvre de l’élégante section Camera Lucida, laboratoire du jeune programmateur Ariel Esteban Cayer, où dix œuvres singulières et audacieuses formaient une proposition riche. Une mention fût accordée au captivant Town in a Lake (Matangtubig), thriller philippin de Jet Leyco aux accents surnaturels, doublé d’une acerbe critique de la couverture médiatique face aux drames de la vie. Le quotidien de cet humble village vivant de la pêche est ébranlé par le meurtre d’une jeune fille et la disparition de son amie. Tranquillement, mais sûrement, le cinéaste nous entraîne dans un univers tropical aux paysages bucoliques sous lequel gronde une rage latente. Phénomènes inexpliqués viennent complexifier ce film indescriptible.

Moins exotique mais tout aussi riche, la sublime fable de David Lowery, A Ghost Story, où un homme tué dans un accident ne peut faire son propre deuil et quitter la femme qu’il a aimée. Casey Affleck, couvert d’un drap pour la majorité du film, et Rooney Mara n’usent que de très peu de mots pour nous dire tant de choses. D’une apparence simple, mais d’une maîtrise formelle impressionnante, cette œuvre singulière se targue de nous faire réfléchir à la vie, la mort, l’amour, le temps, l’existence et le but de notre existence — rien que ça! Il le fait de façon délicate et mémorable; certaines images nous hanteront longtemps. L’AQCC est fière de lui remettre son prix, le tout premier Prix AQCC/Camera Lucida après huit ans de collaboration avec Fantasia. Il marque assurément ce millésime du festival et gageons que son intemporalité lui fera gagner des adeptes pour de nombreuses années à venir. Quant à nous, nous trépignons déjà d’impatience de découvrir le programme de la prochaine édition!

 

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