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Association québécoise des critiques de cinéma

Retour sur le Prix AQCC Prends ça court! 2017 - Nouvelles de l'AQCC

Retour sur le Prix AQCC Prends ça court! 2017

Photo : L'Appel du vide (Metafilms)

 

Le 28 février dernier avait lieu le 14e Gala Prends ça court! L'AQCC avait le plaisir d'y former un jury, constitué de Marie Claude Mirandette, présidente (Ciné-Bulles), Luc Chaput (Séquences) et Pierre-Alexandre Fradet (Séquences), pour désigner le prix de la critique 2017 au meilleur court de la sélection, selon eux. Le prix a été accordé à Albéric Aurtenèche pour Sigismond sans images. Luc Chaput brosse ici un portrait du cinéaste.
 

Albéric Aurtenèche : De nulle part à l’autoscopie

Par Luc Chaput
 

Un jeune homme, dans un motel exotique, dit au téléphone qu’il est « personne, nulle part ». Une adolescente trouve d’incisifs moyens pour illustrer son manque d’estime de soi. Un autre jeune homme ne réussit pas à se faire prendre en photo. Voilà les protagonistes de trois courts métrages d’Albéric Aurtenèche. Ce cinéaste, par ailleurs plasticien, a démontré dans ces trois courts, mais denses, films que sont L’Appel du vide, M’ouvrir et Sigismond sans images, sa finesse dans l’emploi des codes narratifs qui déroutent le spectateur par des effets de montage où la place du texte peut être aussi privilégiée.

Ainsi dans L’Appel du vide, deux histoires se conjuguent en parallèle et se rejoignent dans des correspondances entre des lieux et des photos qui peuvent mener le spectateur dans un ailleurs différent et réconfortant, malgré la mélancolie inhérente. En 2011, le réalisateur a gagné un Jutra pour M’ouvrir, dont le scénario plus linéaire est, pour Gabrielle, un cri du cœur, sourd, menant à une fin libératrice. Le cas de Sigismond, qui veut affirmer sa place dans la société en votant, ne s’insère dans aucune des catégories de psychiatrie dans lesquelles tentent de le placer ces interlocuteurs. Il pourrait apparaître à certains comme la forme ultra-moderne de l’autoscopie négative décrite par Maupassant dans Lettre d’un fou.

Le jury AQCC au dernier Gala Prends ça court!, dont je faisais partie avec mes collègues Marie Claude Mirandette (Ciné-Bulles) et Pierre-Alexandre Fradet (Séquences), a décerné cette année son prix à Sigismond sans images « pour ses habiles décrochages spatio-temporels, son interprétation affirmée, mais juste, sa charmante revisitation du mythe d'Écho à l’ère du narcissisme et des médias sociaux, et enfin son travail nuancé et inventif de la matière visuelle et sonore ».

Par sa direction d’acteurs, qui trouve en ses interprètes des alliés, et par sa maîtrise du montage et du scénario, Albéric Aurtenèche a déjà amplement fait preuve de son talent de cinéaste. La réalisation d’un long suivra-t-elle nécessairement?

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