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Association québécoise des critiques de cinéma

Hommage à Luc Perreault : Témoignage de Claude Blouin

 

 



Photo : La Presse


J’aimais bien Luc, et d’un strict point de vue de mon travail de critique, j’ai une dette envers lui. Il est un de ceux et celles à qui je dois que mon désir de faire connaître les films japonais ait dépassé le seul lectorat des revues de cinéma : il me cita quelques fois aux lecteurs de La Presse![1] Mais je lui dois plus! Je pense qu’il aimait mettre les gens dont il connaissait les affinités en contacts. Ainsi m’incita-t-il à joindre les rangs de l’AQCC et même m’encouragea à y briguer un poste à l’exécutif pendant deux ans. J’étais toujours heureux de le rencontrer lors des festivals et il aidait l’enseignant de cinéma que j’étais à comprendre, par sa verve dans l’évocation de son travail, ce que signifie être journaliste en plus de critique de cinéma. Non seulement il prenait la peine de discuter des passages à Montréal de cinéastes japonais, en particulier ceux de Masaki Kobayashi, il s’informait de ce que je pouvais lui indiquer de l’arrière-plan culturel des films de ce pays présentés en nos festivals. Il se montrait curieux des questions posées par les cégépiens, ainsi que de leurs centres d’intérêt en cinéma et de leur capacité à lire les critiques! J’enseignais à son alma mater, le Séminaire de Joliette devenu cégep, et il restait attaché à son passage là.

Mais cette curiosité signale aussi combien il était attentif aux préoccupations propres aux personnes qu’il côtoyait. La dernière fois que je l’ai vu, à quelques semaines de son décès, à l’hôpital, je suis passé entre deux visiteuses, ses collègues. La deuxième se trouva arriver alors que, ne voulant trop le fatiguer, j’étais sur mon départ. Il m’invita à rester, il souriait, comme il faisait quand nous nous croisions entre deux films, ou partagions un café. Et il se mit à poser des questions à sa collègue, fameuse conteuse; il la relançait, appréciait comme moi son humour et nos rires communs. Je me suis dit, « Voilà bien Luc, en qui s’allie, jusqu’en ce lieu et en ce moment où il sait sa fin proche, curiosité de ce qui anime autrui et goût de la communication. »

Et amour du cinéma, comme lieu de convergence de ces deux élans.

Claude Blouin
4 juillet 2017

[1] Voir la section « Articles » du présent dossier pour lire deux exemples d’articles de Luc Perreault citant Claude Blouin : « Une œuvre axée sur l’art et la réalité japonaises » consacré à Masaki Kobayashi et « Mémoires et souvenirs » où Perreault donne son avis sur plusieurs ouvrages dont un livre de Claude Blouin sur le cinéma japonais.

 

Claude Blouin
critique de cinéma,
Shomingeki.de

Membre de l’AQCC, Claude R. Blouin a enseigné le cinéma et la littérature au Cégep de Joliette, de même que le cinéma japonais à l’Université de Montréal de 1979 à 1987. Il est aussi nouvelliste et essayiste. Sa contribution critique porte surtout sur le cinéma japonais. Son dernier essai, Le cinéma japonais et la condition humaine (PUL), en donne un aperçu.

 

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